Pourquoi un même parfum existe-t-il en plusieurs versions, à des prix très différents ? Pourquoi une eau de toilette s’évapore-t-elle plus vite qu’une eau de parfum ? Et qu’est-ce, exactement, qu’un extrait ? Derrière ces appellations souvent confondues se cache une seule et même variable : la concentration en matières parfumantes. La comprendre, c’est faire un choix éclairé — pour la tenue, le sillage, et la valeur réelle de ce que l’on porte.
Comment se compose un parfum ?
Un parfum est, dans sa forme la plus simple, un mélange de trois éléments : des essences (matières parfumantes naturelles ou synthétiques), de l’alcool (généralement à 90°), et un peu d’eau. La concentration désigne le pourcentage d’essences dans cette préparation. Plus elle est élevée, plus le parfum est dense, durable… et coûteux à produire.
Eau fraîche et eau de Cologne : la fraîcheur éphémère (2 à 5 %)
Les plus légères des fragrances. Construites autour d’agrumes, d’herbes aromatiques et de notes hespéridées, elles offrent un effet de fraîcheur immédiat mais s’évaporent rapidement — comptez une à deux heures de tenue. Idéales pour l’été, le sport, ou la sortie de douche, elles se vaporisent volontiers sur tout le corps. Leur prix reste accessible.
Eau de toilette (5 à 15 %)
C’est la concentration la plus répandue, et souvent celle qu’on découvre en premier. L’eau de toilette offre une tenue de trois à cinq heures, un sillage modéré, et un coût plus contenu. C’est la version « tous les jours » d’un parfum : suffisamment présente pour être agréable, suffisamment discrète pour ne déranger personne. Beaucoup de grandes maisons proposent leurs créations d’abord en eau de toilette, avant d’en décliner des versions plus concentrées.
Eau de parfum (15 à 20 %)
Plus dense, plus intense, l’eau de parfum (souvent abrégée EDP) tient cinq à huit heures sur la peau et projette davantage. Elle restitue mieux les notes de cœur et de fond, qui ont besoin de concentration pour s’exprimer. C’est devenu, ces vingt dernières années, le standard moderne de la parfumerie : on la trouve aujourd’hui chez la quasi-totalité des grandes maisons. Idéale pour les soirées, les occasions marquantes, ou la saison froide où le parfum a besoin de chaleur pour se déployer.
Extrait de parfum (20 à 40 %)
C’est la concentration la plus noble — celle que les parfumeurs réservent à leurs créations les plus exigeantes. L’extrait tient huit heures et bien davantage, parfois jusqu’au lendemain. Son sillage est paradoxal : plus discret à courte distance, mais d’une persistance remarquable. Surtout, il reste fidèle à la vision originelle du parfumeur, car la richesse en matières premières permet aux notes les plus subtiles — boisées, ambrées, animales — de s’exprimer pleinement.
L’extrait est plus rare, plus précieux, et son coût au flacon est plus élevé. Mais une goutte suffit là où il faudrait plusieurs pulvérisations d’eau de toilette. Sur le long terme, c’est souvent la formule la plus juste — et celle que choisissent les amateurs exigeants.
C’est aussi la concentration que Stéphanie de Bruijn utilise pour ses parfums sur mesure : un coffret d’extrait 100 ml, conçu pour une seule personne, qui peut être rechargé à vie depuis les archives du parfumeur.
Comment choisir la bonne concentration ?
Le bon choix dépend de votre usage et de votre intention. Pour le quotidien, une eau de toilette ou une eau de parfum couvre la plupart des besoins. Pour s’affirmer ou marquer une saison, l’eau de parfum offre le meilleur équilibre entre intensité et accessibilité. Pour une signature qui dure, l’extrait reste l’expression la plus aboutie d’un parfum.
Un repère utile : la concentration influe non seulement sur la tenue, mais sur la qualité de l’interprétation. Un même parfum, décliné en eau de toilette puis en extrait, ne raconte pas tout à fait la même histoire. L’extrait, plus généreux en notes de fond, est aussi plus fidèle à ce que le parfumeur avait imaginé.
Et le prix dans tout ça ?
Un extrait coûte plus cher à l’achat — c’est logique, puisqu’il contient davantage de matières premières. Mais sa concentration en fait aussi un produit plus économique à l’usage : on en applique moins, on le renouvelle moins souvent, et la formule, bien conservée, peut durer des années sans s’altérer. Rapporté au coût d’une journée de port, l’extrait reste, paradoxalement, l’un des meilleurs investissements en parfumerie.
Trouver la concentration qui vous correspond
Choisir une concentration, c’est choisir une intention : une fraîcheur passagère, une présence quotidienne, une affirmation, ou une signature qui dure. Pour explorer l’expression la plus pure de la parfumerie — l’extrait — l’atelier de Stéphanie de Bruijn vous accueille à Paris pour une rencontre. Le parfum qui en naîtra ne ressemblera à aucun autre. Il vous ressemblera, simplement.